D’un changement de musique au Niger

Au Niger, les autorités se sont assez brusquement mises dans la tête qu’il est de la plus haute importance de changer l’hymne national. L’opinion est apparue dans les milieux gouvernementaux que cet hymne est colonial. Ses paroles, paraît-il, dénigrent l’Homme Noir, l’Afrique, etc., et ne sauraient être tolérées au vu du programme de la « Renaissance », qui est celui porté par le parti au pouvoir à Niamey. Un comité de réflexion a été mis en place pour produire une nouvelle musique nationale. La population n’est pas consultée sur une matière qui, « normalement », aurait dû être l’objet d’un débat public. Par exemple, cela fait pratiquement soixante-dix ans que plusieurs gouvernements néo-zélandais ont essayé d’amener leur pays à échanger leur drapeau figurant l’Union Jack (le drapeau britannique) dans un champ d’étoiles par un autre plus « national » – dont le populaire Drapeau au Koru Vert dessiné en 1983 par un artiste autrichien – sans recueillir assez de soutien de la population pour le faire. Il y a eu à ce sujet un référendum en 2016, et le drapeau actuel a recueilli 56,7% des suffrages.  En France, certains critiquent l’hymne national qui était, à l’origine, un chant de guerre, et qui est ponctué de versets célébrant la violence et le macabre. Il y est question de « sang impur » qui « abreuve les sillons » et d’« ennemis expirant » devant de glorieux triomphes, ou du fait de préférer partager les cercueils des devanciers que de leur survivre. Des paroles plus amènes ont été proposées sur le même air et la même musique – sans succès. Les gouvernants ont dû déférer à une opinion publique peut-être obtuse, en l’occurrence, mais qu’il convient de respecter au nom de la démocratie.

Au Niger, les gouvernants n’ont guère l’habitude ou l’humilité de demander leur avis aux citoyens, et paradoxalement, cela est sensiblement plus le cas depuis qu’on est passé en « démocratie ». (Le régime précédant avait pris comme devise, « consultation, concertation, participation », et, en dépit de son caractère autoritaire, prenait au sérieux ces valeurs). « Ils vont nous pondre une de ces merdes », me dit, fataliste, un correspondant Whatsapp à Niamey. D’autres, cependant, transportés par la rhétorique anticoloniale et la tendance au French-bashing qui est caractéristique des Africains francophones, applaudissent un acte assimilé à… du sankarisme. Une tête froide remarque qu’il s’agit plutôt de populisme. Mais il y a bien une conviction sincère, parmi les gouvernants, que cet hymne est colonial, même si les quelques « preuves » avancées, et qui renvoient à des paroles tout à fait anodines, ne sont guère convaincantes. D’ailleurs les décideurs gouvernementaux ne connaissent pas vraiment le contexte d’adoption de cet hymne, qui a pourtant été raconté par le menu par un officiel du gouvernement de Diori (le premier gouvernement indépendant du Niger), ce qui est une rareté. Avant de narrer cette histoire, il est bon de rappeler un peu les circonstances de l’époque.

Lorsque le Niger est devenu indépendant en 1960, le nouveau pays n’avait pas encore d’hymne national. De façon assez grotesque (mais aussi typique de la manière néocoloniale dont Diori est arrivé au pouvoir), la proclamation de l’indépendance s’est donc faite sur l’air de La Marseillaise, et cet hymne a continué à être joué lors des occasions officielles pendant plus d’un an. Dans les pays voisins, les littérateurs et les prêtres catholiques – rompus aux exercices musicaux, aux chorales et aux antiennes – avaient produit la poésie désirée. Au Sénégal, naturellement, la chose fut faite par le poète-président, Léopold Sédar Senghor – mais à noter que si les paroles du Lion rouge ont du souffle et du brillant, la musique semble à bien des égards n’être qu’une version lente d’un entraînant refrain bébête créé au début des années 1930 par un chansonnier français du nom de Mayol, Viens poupoule. Seydou Badian Kouyaté, auteur de classiques de la littérature subsaharienne (Sous l’orage, La Mort de Chaka), ami de Modibo Keïta, et nationaliste africain très à gauche, fut l’auteur, en 1962, de l’hymne malien, Pour l’Afrique et pour toi, Mali. Il y est bien plus question de l’Afrique que du Mali. Au très catholique Dahomey, l’hymne Aube Nouvelle a été composée par l’abbé Gilbert Jean Dagnon, et en Haute-Volta, « fille aînée de l’Église en terre d’Afrique » selon son premier président, Maurice Yaméogo, La Volta fut l’œuvre d’un autre abbé, le Père Robert Ouédraogo. L’hymne ivoirien L’Abidjanaise fut également conçu par des abbés, les pères Pierre-Marie Coty et Pierre-Michel Pango. Dahomey et Haute-Volta ont plus tard changé de nom, mais le premier pays a conservé l’hymne, se contentant de substituer au mots Dahomey/Dahoméens les mots Bénin/Béninois. Le cas Haute-Volta/Burkina Faso est différent, puisque le changement de nom fut le résultat d’une révolution nationale, non d’un simple putsch. L’hymne La Volta, dont les paroles rappellent beaucoup celles de La Nigérienne, fut remplacé par Une Seule nuit, chant aux accents aussi imprécateurs et guerriers que ceux de La Marseillaise. Les mêmes mots – « férule », « triomphe », « liberté », « fers », etc. – y figurent avec la même rhétorique vindicative de résistance à la servitude. Et si La Marseillaise appelle « Aux armes citoyens ! », Une Seule nuit proclame « La patrie ou la mort nous vaincrons ! » L’élan qui a produit un tel cri de guerre et rappel des troupes n’existe évidemment pas dans le Niger d’aujourd’hui (ni non plus au Burkina Faso d’ailleurs).

Dans les cas où il n’y a pas eu « au bon moment » un littérateur national à l’alerte plume poétique (ce n’était pas vraiment le cas du laborieux écrivain Boubou Hama, qui faisait partie du triumvirat régnant en 1960) ni d’abbé musicien, il y a eu une tendance à passer par le concours. Dans les pays du Golfe de Guinée, où les techniques « modernes » (i.e., occidentales) de composition musicale étaient relativement développées du fait d’une présence ancienne et large du christianisme – qui est la source des traditions de composition musicale en Europe – ces concours furent généralement remportés par des locaux, comme Philip Gbeho au Ghana ou Alex-Casimir Dosseh au Togo. Pas au Niger, où il y eut également un concours, mais qui ne fut pas remporté par un Nigérien.

À cet égard, le cas du Nigeria, qui est un peu particulier, ressemble à celui du Niger. L’hymne national nigérian de 1960 fut composé par deux Anglaises, Lilian Jean Williams (qui vivait alors dans le pays) pour les paroles, et Frances Berda pour la musique. Paroles et musiques rappellent La Nigérienne. Il s’agit dans les deux cas d’un appel vibrant à l’unité et à l’action pour la grandeur et la prospérité de la nouvelle nation. Mais au milieu des années 1970, l’association culturelle yorouba Egbé Omo Oduduwa monta une campagne virulente contre l’hymne, à travers notamment son influent périodique quotidien, le Daily Service, et obtint finalement, en 1978, que le Nigeria we hail thee soit remplacé par l’hymne actuel, Arise, O Compatriots. Le style et la teneur du nouvel hymne ne sont pas très différents de ceux de l’ancien – et rappellent tout autant, soit dit en passant, l’actuel hymne nigérien, qui commence par le vers « Debout Niger, debout » (« Arise, O compatriots » veut dire, « Debout, ô compatriotes »). Mais contrairement à Nigeria we hail thee, il est l’œuvre d’un nigérian, Pa Benedict Odiase, qui était, à l’époque, directeur de l’orchestre de la police nationale du Nigeria. L’idée était donc d’avoir un hymne national écrit par un fils du pays, non par des étrangers, issus de l’ancienne puissance coloniale qui plus est.

Je pense que, de la même façon, le véritable reproche fait à La Nigérienne ne tient ni à ses paroles, ni à ses qualités musicales, mais simplement au fait qu’elle a été composée non seulement par des étrangers, mais pis encore, par des Français, horresco referens. Comme dans tous les pays d’Afrique francophone, il existe au Niger une sorte de francophobie pathologique, non entièrement imméritée au vu de certaines actions de l’État français et de certaines attitudes des Français à l’égard des Africains, mais qui a la fâcheuse conséquence de déformer la réalité et de faire litière de la vérité. (On le voit encore ces derniers temps avec les accusations quelques peu hystériques lancées contre la France dans les pays du Sahel, où nombre de personnes par ailleurs sensées se sont persuadées qu’elle soutient « les terroristes »).

Le principal compositeur de La Nigérienne est un musicien français du nom de Maurice Thiriet, né en 1906 et mort en 1972. Il a reçu une éducation musicale soignée au Conservatoire de Paris et a produit, en dehors de l’hymne nigérien, un concerto pour flûte, douze ballets et trois opéras. Il a également composé de la musique dramatique pour le cinéma (plus de 150 illustrations musicales) et le théâtre, y compris pour l’Œdipe Roi de Cocteau qu’il dota d’un véritable oratorio. Les deux autres auteurs de l’hymne étaient également français : Robert Jacquet et Nicolas (« Nick ») Frionnet. (Soit dit en passant, les hymnes composés par des Africains dans les autres pays francophones étaient souvent mis en musique en collaboration avec des arrangeurs français, pour des raisons évidentes de liens politico-culturels). C’est ce dernier personnage, Frionnet, qui apparaît de façon assez cocasse dans les mémoires de Néagu Djuvara, Bucarest-Paris-Niamey, et retour (L’Harmattan, 2004).

Par le fait, qui est ce Néagu Djuvara au nom « exotique » et certainement pas nigérien ?

Djuvara est né roumain en 1916 mais il a longtemps été apatride, puisqu’il a perdu sa nationalité lorsque la Roumanie est passée sous contrôle communiste, alors qu’il se trouvait en mission diplomatique à Stockholm. Djuvara survit d’abord en faisant des piges pour Radio Free Europe, épouse une Française, s’installe à Paris. Par le passé, il avait fréquenté le lycée de Nice et fait des études de droit à Paris. Dans la capitale française justement, sa femme, France (c’est son prénom), a de nombreux contacts dans les cercles officiels, dont notamment le Dr Francis Borrey, un chirurgien français qui avait fait de la politique au Niger, à l’époque où ce pays était un Territoire d’Outre-Mer (1946-1958). En 1960, le président Diori, qui était à la recherche de quelqu’un pour organiser son ministère des Affaires étrangères nouvellement créé, consulta Borrey qui lui recommanda Djuvara qu’il ne connaissait pas, « parce que le mari de France Djuvara ne peut pas être un con ». C’est ainsi que Néagu Djuvara s’est retrouvé cheville ouvrière de la création du ministère nigérien des Affaires étrangères, conseiller juridique du président et (demeurant dans le pays après la chute de Diori), professeur de droit international et d’histoire économique à la toute nouvelle université de Niamey. Il finit par rentrer en Europe en 1984 et retrouva sa nationalité roumaine à la chute du communisme, en 1989. Dans la dernière partie de sa longue vie – il est mort l’an dernier à l’âge canonique de 102 ans – Djuvara était devenu un intellectuel public respecté et un analyste prolifique de l’histoire et de l’existence contemporaine du peuple roumain. Parmi ses œuvres en français figure donc ses mémoires d’apatride dont une bonne partie est un récit savoureux de ses années nigériennes qui nous donnent un témoignage assez spécial sur cette période de la jeune histoire de ce pays, puisqu’il provient d’un Européen qui n’était pas français et dont les perceptions étaient celles d’un agent de l’État du Niger à la loyauté dépourvue d’ambiguïté (il y avait, à l’époque, beaucoup de Français dans l’administration nigérienne).

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Traduction roumaine des mémoires de Djuvara, sous le titre « Souvenirs privilégiés ». En couverture, rare photo du personnage à Niamey, où il fut l’un des fondateurs du Club équestre

S’agissant du sieur Frionnet et de l’hymne La Nigérienne, le mieux d’ailleurs serait de laisser s’exprimer Djuvara lui-même. Le contexte est celui des festivités du 18 Décembre (qui est la véritable fête nationale du Niger, bien qu’il ne s’agisse pas de la date de l’indépendance), en 1961. Des invités affluaient de divers coins de l’Afrique, ainsi que de la France. Djuvara se retrouve à l’aérogare pour accueillir la « cargaison d’invités » en provenance de ce pays, en compagnie du chef du protocole, un certain Issa Boubé.

« Dans le hangar de l’aérogare, Issa Boubé, assis à une petite table, est assailli par des dizaines d’arrivants – questions, interrogations et même quelques protestations… En fait, la liste des passagers arrivés ne correspondait guère à notre propre liste, de sorte que nous avions des arrivants sans dossier et des dossiers sans « titulaire ». Tout le monde parlait en même temps, Issa Boubé, submergé par cette avalanche de questions et d’apostrophes, regardait à gauche, à droite, muet ; son visage était devenu gris et le blanc des yeux rosé… 

» Je me fraye un chemin à travers la grappe humaine, jusqu’à la table, et commence à appeler à voix haute des noms de ma pile de dossiers. Du coup, tous les assaillants se retournent vers moi, près de m’étouffer. Je subodore un réflexe raciste (« Enfin, un Blanc ! On est sauvés ! »…) Avec l’aide d’Issa – le nom d’Issa c’est le Iéchou des Hébreux, notre Jésus – on réussit enfin à distribuer des dossiers à tous les présents et à les monter dans les cars. Dans cette cohue, au moment où la confusion était à son comble, je vois s’approcher de moi un monsieur de taille en dessous de la moyenne, en tenue de ville, sévère mais modeste, qui, d’un air timide, me demande : « – Je m’excuse, Monsieur, de vous poser la question… Pouvez-vous me dire pourquoi je suis ici, Monsieur ? »… Je lui demande de répéter la question… Puis : « – Vous devez avoir un lien avec la République du Niger… Vous êtes fonctionnaire ?… Journaliste ?… Vous faites du commerce avec le pays ?… » Il dodelinait de la tête à chaque fois, pour nier. Il ose finalement suggérer : « – Il y a quelques mois, j’ai participé, avec deux collègues, à un concours pour l’hymne national du Niger… Je ne sais pas si nous avons été gagnants… On ne nous a rien communiqué ». Il me tend une minuscule carte de visite, sur carton un peu épais, avec l’inscription : NICK FRIONNET – auteur. « – Monsieur, lui dis-je, je regrette… Comment voulez-vous que je vérifie à l’instant si c’est vous le gagnant du concours ?… Attendez demain matin… À l’ouverture des cérémonies, on jouera sûrement l’hymne national… et votre lanterne sera éclairée… 

» Le lendemain matin, dans la fièvre des derniers préparatifs, des derniers arrangements de protocole et de réception des personnalités, j’avais complètement oublié l’affaire du brave Monsieur Frionnet lorsque, après que les premières phrases de l’hymne national « Debout Niger, debout ! »… eurent résonné, j’ai vu mon petit homme fendre la foule et accourir vers moi les larmes aux yeux et criant : « C’est nous, c’est nous… c’est notre hymne… C’est nous qui avons gagné ! »… Nick Frionnet savait enfin pourquoi il avait reçu un billet d’avion aller-retour Paris-Niamey ».

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Une scène des festivités du 18 décembre 1961, défilé de militants du parti (unique) RDA, le parti à l’éléphant

 

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Et une vue de la foule dans laquelle devait se trouver Nick Frionnet

Soit dit en passant, l’amateurisme déjà bien ancré, apparemment, des fonctionnaires nigériens ne s’arrêta pas à cette invitation sans explication : Thiriet, Frionnet et Jacquet durent envoyer pendant quelques années missives sur missives, à travers l’ambassade de France, avant que Niamey ne consente enfin à leur payer le prix de leur victoire.

Je dois dire, cependant, que les membres du jury nigérien ont lu attentivement le texte des trois auteurs français, car ils l’ont excisé d’une strophe qui déjà, à l’époque, avait dû les frapper comme émanant par trop d’une certaine vision inconsciemment péjorative de l’Afrique caractéristique des Européens, et tranchant avec le reste de l’hymne. Cette strophe, la voici :

 

Nous retrouvons dans nos enfants

Toutes les vertus des Ancêtres:

Pour lutter dans tous les instants

Elles sont notre raison d’être.

Nous affrontons le fauve traître

A peine armés le plus souvent,

Voulant subsister dignement

Sans détruire pour nous repaître.

Dans la steppe où chacun ressent

La soif, dans le Sahel brûlant,

Marchons, sans défaillance, en maîtres

Magnanimes et vigilants.

 

À vrai dire, cela commence assez bien : « Nous retrouvons dans nos enfants/Toutes les vertus des Ancêtres », cela fait « Afrique éternelle ». Les vertus qui aident à lutter rappellent des passages réussis des strophes précédentes, « la race sans tutelle », « le peuple équitable et vaillant ». Mais « le fauve traître » commence déjà à faire safari, et si la subsistance digne où l’on ne détruit pas pour se repaître évoque par la bande la fascination – certes admirative – du « civilisé » pour le « bon sauvage », il ne s’agit pas là, ce me semble, de quelque chose que les Nigériens diraient d’eux-mêmes, mais bien d’un « regard de Blanc ». Idem le Sahel brûlant et le fait d’être « à peine armés le plus souvent ». Les derniers vers, « Marchons, sans défaillance, en maîtres/Magnanimes et vigilants », sont jolis, même s’ils ne semblent être là que pour terminer la strophe avec les rimes appropriées. Mais ils ont beaucoup moins de gueule, pour un verset final, que « Restons unis, toujours, et que chacun réponde/A ce noble avenir qui nous dit « en avant » ». Cette strophe était la moins réussie des trois, et ne concluait pas de façon adéquate l’ensemble de l’hymne. Ceux qui ont décidé de la passer à la trappe ont donc fait là montre de plus de sens artistique que les auteurs du poème.

En ce sens, l’hymne a bien été choisi par des Nigériens, même s’il n’a pas été écrit ou composé par l’un d’entre eux. Évidemment, s’il s’agit à présent d’en avoir un autre afin de dire qu’il a été l’œuvre de Nigériens – à l’instar de ce qui s’est passé au Nigeria en 1978 – il serait plus honnête de le reconnaître ouvertement plutôt que d’accuser ce brave trio d’artistes français de quelque méfait « impérialiste » ou pis, comme je l’ai parfois entendu à Niamey.

R. I.

 

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